Expérimentation
Lieu : Croatie – Zagreb

ZMAG : une ONG, un écovillage et des outils
pour une révolution verte et durable

Une éolienne sur le toit d'une école près de Zagreb, des composteurs dans un jardin collectif urbain en Bosnie-Herzégovine, des ateliers pour apprendre à construire des collecteurs solaires, des conférences pour sensibiliser un large public... L'éventail des domaines d'intervention de ZMAG, une ONG croate basée dans un écovillage près de Zagreb est impressionnant. Cette organisation qui rayonne dans tout l'ouest des Balkans a été félicitée par l'UNDP (United Nations Development Programme) pour l'exemplarité de ses actions en faveur d'un développement durable (réinsertion, éco-construction, énergie renouvelable, etc.) et pour la mise en oeuvre de solutions pratiques sur son projet de « Ferme recyclée » (production de bio-carburant, recyclage de l'eau, permaculture, cuiseur solaire, capteur solaire, micro éolienne, etc.).
Drazen SIMLEZA, un des membres fondateurs de ZMAG et maître de conférences en « Développement durable » à l'université de Zagreb » explique comment de jeunes activistes plus connus sous le nom de « Vukomerik Group » ont réussi a recentrer leur travail autour d'un lieu ouvert aux porteurs de projet désireux d'expérimenter et de mettre en pratique le développement durable.

Une ONG, un ecovillage, un groupe de passionné... l'éventail de vos domaines d'intervention et de compétence est très vaste... Qui êtes-vous ?
ZMAG signifie « Zelena Mre?a Aktivisti?kih Grupa – Groupe alternatif pour des actions vertes ». Nous sommes organisés en ONG et nous avons pour objectif principal de promouvoir et de mettre en oeuvre le développement durable au quotidien, de développer des actions de coopération et de transmettre nos techniques et nos savoir-faire a un large public. Nous privilégions principalement des alternatives peu coûteuses financièrement.
Notre projet le plus important consiste à bâtir un lieu d'expérimentation, de sensibilisation et d'accueil du public : « la ferme recyclée ». Environ une trentaine de personnes sont impliquées autour de ce vaste projet et dix personnes s'occupent du fonctionnement de l'ONG.


Vous êtes jeunes et d'horizons différents.. comment en êtes vous arrivés là ?

Il y a une dizaine d'années, nous étions tous impliqués dans des actions de dénonciation et de protestation ainsi que dans différents mouvements alternatifs. On avait cependant le sentiment de passer à coté de quelque chose. On voulait offrir des alternatives pour appuyer nos revendications. C'est pourquoi, il y a 6 ans, on a investit le peu d'argent qu'on avait pour acquérir une parcelle de terre et un bâtiment délabré. Nos débuts ont été dur, on n'avait pas d'argent, peu de connaissances appliquées et pas de notion en matière d'organisation sociale... Notre amitié et notre énergie n'ont pas été suffisantes pour surmonter tout ce qui nous attendait. Une majorité de personnes sont parties. Ces années d'apprentissages ont cependant été nécessaires. Depuis deux ans, nos actions sont sans communes mesures avec le passé.


Vous semblez proposer des solutions concrètes. Comment avez-vous appris à les mettre en oeuvre ?

Peut-être de la manière la plus dure... Par nous même ! D'une certaine façon nos erreurs deviennent autant de bons conseils pour transférer des techniques, ça nous permet d'avancer. Le mauvais coté de ces apprentissages, c'est l'énergie, le temps et parfois l'argent que ça nous coûte. Sans la motivation et le soutien de tous, ce serait beaucoup plus difficile.
Il nous arrive de faire appel à un professionnel lorsque ça peut-être dangereux, que ça pourrait nous coûter beaucoup d'argent ou que nous n'avons pas suffisamment de connaissances dans le domaine. Lorsqu'une personne vient de l'extérieur pour enseigner, on essaye dans la mesure du possible d'organiser un atelier pour que plusieurs personnes puissent participer. De notre coté cela suppose une organisation particulièrement efficace.
Nous travaillons en partenariat avec le Global Ecovillage Network (GEN) et le Balkan Ecovillage Network (BEN), ces réseaux nous permettent d'échanger des connaissances de façon informelle. Par exemple, pour construire notre système de chauffage bois, nous avons fait appel à un spécialiste slovaque, en échange, un des nôtres est parti là-bas pour leur expliquer comment mettre en oeuvre une micro station de recyclage de l'huile de friture pour produire du bio-carburant.
Nous devons régulièrement faire appel à des spécialistes étrangers. Les connaissances pratiques en matière de développement durable ne sont pas facile trouver en Croatie.


Vous avez construit une des premières maison en paille de Croatie... Quelle est la situation de la construction écologique dans ce pays ?

Pas très bonne et cela pour plusieurs raisons. Nous avons peu d'experts et peu de produits écologiques standardisés. D'autre part, je n'ai pas l'impression que le gouvernement soutienne ce genre d'initiative. Les méthodes de constructions alternatives type « botte de paille » ne sont toujours pas autorisées. Il faut faire avancer les lois. A l'avenir, intervenir à ce niveau va certainement constituer une part importante de notre travail.
On note quelques changements ces dernières années, ils sont cependant trop localisés et trop lent selon moi. Au vue de l'urgence de la situation, il faudrait beaucoup plus de programmes et de projets appliqués.


Quelles relations avez-vous avec les autorités locales?

Nous avons la chance d'avoir localement des personnes sensibles à ces questions de développement durable. Nous développons des projets conjointement pour le développement de notre site mais également à destination des autres citoyens. Notre dernier projet consistait par exemple, à fabriquer des panneaux solaires avec des étudiants sous forme d'ateliers. Puis accompagné d'un professionnel nous avons placés ces panneaux sur le toit d'une école.


Comment êtes-vous financé ?

On monte des projets et on investit également notre propre argent. S'il est possible de trouver des fonds pour financer nos programmes d'action, nous n'avons pas de soutien financier pour notre fonctionnement. Pour notre écovillage, nous arrivons toutefois a obtenir d'important soutien matériel (panneaux solaires, batteries, micro-éolienne, etc.).


Comment faites-vous pour mobiliser vos partenaires ?

Généralement, nous démarchons différentes organisations ou autorités locales avec un avant-projet. Nous leur proposons de devenir partenaire et faisons en sorte qu'ils prennent leur responsabilité au sein du projet. Il nous arrive maintenant d'être directement contactés pour mettre en place un projet.


Votre livre « Des outils verts pour une révolution durable » n'est édité qu'en Croate. Pourquoi?

Parce que des outils similaires existent déjà en Anglais. Quand nous avons commencé, nous avons du partir à l'étranger pour nous former. Ce n'est pas forcément évident d'évoluer dans ce domaine en Croatie, c'est pourquoi, nous avons souhaité nous adresser aux croates en priorité. Si quelqu'un veux se lancer dans une aventure similaire, nous sommes là !


Avez-vous des conseils à donner à tous ceux qui souhaiterait suivre votre élan ?

L'essentiel de la réussite d'un projet comme le notre, n'est pas d'avoir un beau jardin ou une superbe maison, c'est la satisfaction de réussir ensemble. Les acteurs du projet et les relations sociales sont primordiales, le groupe est notre réservoir d'énergie et de motivation..
Mon seul conseil: ne jamais abandonner et rester créatif !

Contact et Informations : http://www.zmag.hr

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Éco-rénovation d'un bâtiment traditionnel





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Nouvelle invention en bois cordé à venir...


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